2016-09-14

Une employée de la London Life et olympienne en lice pour apparaître sur un billet de banque

A black and white portrait of Fanny Rosenfeld

Fanny (Bobbie) Rosenfeld est décédée il y a plus de 45 ans, mais son influence demeure. En avril dernier, la Banque du Canada a annoncé que l’olympienne Fanny (Bobbie) Rosenfeld, championne d’athlétisme et ancienne employée de la London Life, faisait partie des 12 éminentes Canadiennes en lice pour apparaître sur un nouveau billet de banque en 2018.

Elle naît le 28 décembre 1904 à Ekaterinoslav, en Russie (maintenant Dnipropetrovsk, Ukraine). En 1905, ses parents immigrent à Barrie, en Ontario. Enfant, elle excelle dans les sports. Elle pratique le basketball, la balle molle, la crosse, le hockey sur glace et le tennis. Mais ce sont ses résultats sur la piste qui la propulsent vers la célébrité. Peu après le déménagement des Rosenfeld à Toronto, en 1922, Mme Rosenfeld remporte la course de 100 verges appelée Century Race, lors de l’Exposition nationale canadienne. Elle égale ainsi le record du monde, qui est de 11 secondes.

En août 1925, Mme Rosenfeld représente son employeur de l’époque, la Patterson’s Chocolate Company, aux Championnats d’athlétisme féminin de l’Ontario. Incroyablement, même si elle ne s’est jamais entraînée dans les sports d’athlétisme, elle remporte l’or dans plusieurs épreuves : le sprint de 220 verges, la course de 120 verges haies basses, le saut en longueur, le lancer du disque et le lancer du poids. Elle gagne aussi la médaille d’argent au sprint de 100 verges et au lancer du javelot.

1928 : Jeux olympiques d’Amsterdam, Pays-Bas. C’est la première fois que les femmes peuvent participer aux compétitions dans les épreuves d’athlétisme. Mme Rosenfeld est sélectionnée au sein de l’équipe olympique féminine canadienne, qui réunit sept femmes : une nageuse et six étoiles de l’athlétisme, surnommées les Matchless Six (l’incomparable équipe des six).

Les Jeux olympiques s’avèrent un immense succès pour les Canadiennes. L’équipe du relais 4 x 100 mètres remporte l’or, et Mme Rosenfeld est la première à courir. Elle gagne aussi la médaille d’argent à l’épreuve du 100 mètres. Peu après son retour au Canada, Mme Rosenfeld commence à souffrir d’arthrite et prend sa retraite de l’athlétisme. Elle est tout de même par la suite nommée joueuse de hockey féminin par excellence en Ontario pour la saison 1931-1932.

Après avoir été finalement contrainte à la retraite sportive en raison de son arthrite, Mme Rosenfeld entreprend une carrière en tant qu’agente à la succursale Albert de la London Life à Toronto en 1932. Sous l’égide de J. F. Maine, surintendant des organismes industriels, elle est la première femme à être promue surintendante.

En 1934, J. P. Henderson et Mme Rosenfeld font souscrire l’une des plus importantes affaires d’assurance-vie collective de l’époque à Patterson Chocolates Ltd pour ses 125 employés. En 1936, elle passe de l’assurance au journalisme et grossit les rangs du Globe and Mail à titre de chroniqueuse à la section « Sports Reel ». Elle sera journaliste sportive pendant 20 ans.

Elle consacre presque toute sa carrière journalistique à soutenir les femmes dans le sport. Dans un article du Vancouver Sun de 1933, Andy Lytle avance que les femmes ne devraient pas participer à des sports exigeants, ajoutant que la nature n’avait pas fait Mme Rosenfeld selon le « moule masculin » (traduction libre).

Dans le numéro de juillet 1933 du Chatelaine, Mme Rosenfeld lui répond.

« Aux armes, jeunes filles athlétiques! Andy Lytle, prenez garde! Nous prenons les armes, haut et fort, à la défense de nos soi-disant corps d’athlètes pour démentir les plumes florissantes nous dépeignant non comme des modèles féminins sur les plans du physique, de la beauté et de la santé, mais plutôt comme des amazones et de vilains petits canards – tout cela parce que nous pensons désormais au sport et que nous avons choisi de plonger de tout cœur dans le sport de compétition. »  (traduction libre)

En 1955, Mme Rosenfeld est admise au Panthéon des sports canadiens. Elle meurt le 13 novembre 1969, à l’âge de 64 ans.

Son engagement à l’égard des sports féminins par ses réussites en tant qu’athlète et journaliste sportive est aujourd’hui reconnu par la Banque du Canada. Mme Rosenfeld rejoint les figures féminines emblématiques canadiennes telles Emily Carr, Nellie McClung et Gabrielle Roy, pour n’en nommer que quelques-unes.

Le choix des candidates finalistes reviendra au public, grâce à un sondage d’opinion auprès d’un échantillon de Canadiens. Trois ou cinq finalistes seront retenues à la suite de l’analyse des résultats du sondage et de l’avis des historiens.

La décision finale reviendra au ministère des Finances.

Voici les critères de mise en candidature :

  • La candidate proposée est une Canadienne qui, par son leadership, ses réalisations ou ses qualités remarquables, a œuvré pour les Canadiens dans un domaine particulier ou s’est illustrée au service du pays.
  • La candidate proposée n’est pas un personnage de fiction.
  • La candidate proposée est décédée depuis au moins 25 ans (avant le 15 avril 1991).

Apprenez-en davantage sur Fanny Rosenfeld et les autres candidates dans le site Web de la Banque du Canada.

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